dimanche 9 mai 2010
Big Brother Awards France
mardi 4 mai 2010
Business is business
Alors là je dis à tous les jeunes qui désespèrent de trouver un emploi qui paye un peu, faites intermédiaire financier, 1 ligne d'écriture peut rapporter jusqu'à 25 plaques.
mercredi 28 avril 2010
Finance: les politiques nous mènent en bateau. C'est un trader qui le dit
Marc Fiorentino est trader, et fier de l’être. J’avais déjà parlé de lui, et pas en bien, ici.
Mais on doit au moins lui reconnaître deux choses : d’abord ne pas varier dans ses déclarations, puisqu’il affirmait déjà il y a un an que rien n’avait changé dans la finance mondiale; et de ne pas pratiquer la langue de bois lorsqu’il est devant un micro.
La preuve hier midi, chez Bernard Thomasson sur France Info. Il était invité à parler de Goldman Sachs, la plus célèbre des banques d’affaires de Wall Street. Elle est visée par un nouveau scandale, après avoir été montrée du doigt en Europe pour avoir poussé la Grèce au surendettement (avant accessoirement de spéculer sur sa chute), Goldman Sachs est désormais traînée en justice aux Etats-Unis pour avoir conseillé à des pigeons clients d’investir dans des produits financiers pourris, tandis qu’ils recommandaient à un autre client plus lucratif, un hedge fund, de spéculer à la baisse sur ce même produit.
Fiorentino commence par dédouaner d’une certaine manière Goldman Sachs, arguant du fait que son comportement, pour scandaleux qu’il soit, n’a rien de très différent de celui de ses concurrents. En gros, tout le monde fait la même chose, dans le même but : le maximum de profits dans le minimum du temps, la fin justifiant les moyens.
L’ensemble de l’interview est intéressante, mais à partir de 8mn45 environ, ça devient grandiose. Voici la retranscription intégrale de la fin.
Bernard Thomasson : «Quel avenir pour Goldman Sachs, il y a un risque réel, pour eux ?»
Marc Fiorentino : «Non, aucun, je pense qu’on va se retrouver dans une… On est dans la commedia dell’arte, hein, on est dans le grand guignol, là, tout le monde va hurler, tout le monde va pousser des cris, d’ailleurs je…»
Bernard Thomasson : «C’est pas très rassurant, ce que vous dites, parce que le G20 nous dit on va…»
Marc Fiorentino : «C’est ce que j’allais vous dire, le G20 nous dit ça depuis deux ans, je voudrais vous demander …»
Bernard Thomasson : «C’est peut-être long à mettre en place, non ?»
Marc Fiorentino : «Je voudrais vous demander ce qui a été fait depuis deux ans. On nous a dit : «on va lutter contre les hedge funds», la semaine dernière les chiffres sont parus sur les hedge funds, ils n’ont jamais autant collecté d’argent que cette année, ils sont proches de leurs records. «On va lutter contre les bonus», l’année dernière a été l’année record pour les bonus. «On va lutter contre les paradis fiscaux» : ils sont toujours là, ils sont juste passés de noir à gris puis de gris à blanc, on ne sait pas par quel miracle. «Et on va lutter pour la réglementation financière», et on vient d’assister au G20 finance ce week-end, et à la sortie du G20 finance, quel a été le communiqué ? Le communiqué a été de dire : on ne s’est mis d’accord sur rien, parce que notamment le Japon, le Canada, et l’Australie ont dit : aucune réglementation financière.»
Bernard Thomasson : «Donc les politiques nous mentent.»
Marc Fiorentino : «Les politiques nous mentent, les politiques nous abreuvent d’histoires. On a vu combien de G20, combien de déclarations d’Obama depuis qu’il est là en disant : “Attention Wall Street, tremblez, voilà, j’arrive” ? Il avait dit ça, c’était son premier discours dès qu’il avait été intronisé, il avait dit qu’il lutterait contre les bonus, et il se trouve que les bonus ont été les plus élevés»
Bernard Thomasson : «Imaginez ce que pensent les gens qui nous entendent en ce moment, ils vont se dire, mais qu’est-ce qu’il faut faire, il faut faire la révolution, il faut aller brûler des banques, faut… ?»
Marc Fiorentino : «Je suis toujours assez surpris de voir que finalement il n’y a jamais de manifestations devant les banques, je trouve ça assez étonnant.»
Bernard Thomasson : «Voilà, Marc Fiorentino, moi je suis surpris de vos propos, vous qui avez dirigé des banques américaines en Europe…»
Voilà. Et c’est un expert de la finance qui le dit. Les politiques nous mentent, les politiques sont des escrocs, les politiques ne sont là que pour mettre en place ce que les dogmes du libéralisme prévoient.
La crise financière, provoquée par la cupidité insatiable des banksters, ce sont les contribuables, les électeurs ordinaires, qui vont la payer, trois fois : une première fois en cash, pour boucher les trous en urgence. Une deuxième fois par la crise économique qui en découle. Et une troisième fois par le sabotage de ses services publics et sociaux “nécessaire” pour résorber le déficit creusé par la “crise”. Et pendant le déroulement du hold-up, les Sarkozy, les Lagarde et les Woerth monopolisent l’antenne pour expliquer que l’affaire est sous contrôle et qu’ils travaillent dans l’intérêt des gens.
Dans un pays comme la Grèce, le phénomène est très accéléré. La stupidité et la cupidité de ses dirigeants, conseillés par Goldman Sachs, a poussé le pays à la faillite. Sous prétexte de résorber le déficit budgétaire, les “Grecs d’en bas”, qui n’y sont pour rien, vont devoir payer de leurs salaires, de leurs retraites, de leurs services publics, le fruit des malversations de leurs dirigeants et des banksters.
De même la raison principale du sabotage programmé des retraites françaises n’est pas la démographie ou autres foutaises dont on nous abreuve pour faire passer la pilule, c’est la volonté de ne pas déplaire aux marchés financiers et en particulier aux agences de notation (dont l’incompétence, la corruption et la responsabilité dans la crise sont notoires) afin de continuer à pouvoir emprunter de l’argent à un taux bas.
Fiorentino l’a dit clairement, les Obama, les Sarkozy, ont brassé de l’air à grand moulinets, mais ils n’ont strictement rien changé ! Ils n’en avaient d’ailleurs aucune envie, leur seul but était de détourner l’attention des électeurs. La situation des financiers est strictement la même qu’avant la crise, leurs objectifs et leurs moyens sont strictement les mêmes. Et ce sont toujours eux qui dictent leur loi au reste du monde.
L’objectif reste à la croissance et au crédit infinis.
Et tout le monde s’en fout.
Nos politiques ? Les rois de l’enfumage et de la diversion : pendant qu’ils couvrent les agissements des banksters, et aiguisent en douce leurs couteaux contre les retraites, ils viennent de lancer, suivis en masse par l’ensemble de la presse, un débat psychédélique : «peut-on conduire avec une burqa ?» Ou alors, variante : «peut-on aller aux putes quand on est dans l’équipe de France de foot ?»
Certes, l’histoire les jugera. Mais en attendant, sommes-nous si cons que ça ? En Grèce, la révolte gronde. Un peu. Allons-nous attendre sagement que notre tour vienne ? Attendre passivement la prochaine «crise» ? Allons nous remplacer Sarkozy par DSK, qui est peut-être encore pire ? A quand, sinon la révolution, du moins, pour commencer, la première manifestation devant une banque ?
samedi 16 janvier 2010
Hortefeux affiche une baisse de la délinquance.
Le premier flic de France voulait de bons chiffres. Incroyable: les dernières statistiques montrent qu'il les a obtenus. JFK salue aussi la belle promotion de la gauche moderne : après Schroeder chez Gazprom, voici Tony Blair chez LVMH...
jeudi 14 janvier 2010
Entreprises : Novelli embellit un bilan calamiteux
Le gouvernement se vante de sa politique d'aide aux entreprises. Chiffres à l'appui, Slovar démonte ces affirmations. Or, la TVA à 5,5 pour la restauration et le statut d'auto-entrepreneur ont raté leurs objectifs.
Il suffit de se pencher sur les résultats chiffrés de la baisse de la TVA dans la restauration et ou des créations d’entreprises (auto entrepreneurs) comparées aux défaillances pour s’en rendre compte. La baisse de la TVA, présentée comme SA mesure emblématique est un naufrage pour les finances de l’Etat.
(Lire la suite en cliquant sur le titre)
Quand Le Monde ouvre les yeux sur les dangers de l’euro
Certes, le papier du journal du soir est signé par un éditorialiste économique du Financial Times. Cependant, il est rafraîchissant de voir que Le Monde s’ouvre à des opinions aussi critiques à l’égard de la monnaie unique. Il faut dire que cet article est particulièrement bien argumenté.
Une protection dérisoire
Martin Wolff a sans doute écrit ici une des meilleures notes de synthèse sur l’euro. Et, pour une fois, je remercie Le Monde de publier un tel papier aussi critique à l’égard de la monnaie unique qu’ils soutiennent mordicus habituellement. Cette ouverture d’esprit fait honneur au journalisme. C’est d’autant plus remarquable que la démonstration de ce texte est limpide. L’auteur décortique parfaitement bien tous les effets pervers de la monnaie unique européenne.
Il part de l’argument des soutiens de l’euro, à savoir que la monnaie unique aurait permis d’éviter une course à la dévaluation pendant cette récession. Cependant, il relativise tout de suite cet argument en montrant que le PIB de la zone euro a davantage baissé que le PIB des Etats-Unis (-5.1% contre -3.8%) pendant cette crise. Cet argument, que nous sommes beaucoup à répéter depuis des mois, montre que la protection offerte par l’euro est plus que relative…
Une source de déséquilibres majeurs
Ensuite, l’auteur explique particulièrement bien comment l’euro provoque de graves déséquilibres en son sein. Il montre que la crise a particulièrement frappé les pays dont la demande intérieure privée était artificiellement soutenue par une bulle de crédit (Espagne, Irlande, Portugal). On pourrait ajouter à son raisonnement que cette bulle était la conséquence directe d’un taux d’intérêt unique trop faible pour ces pays et qu’un taux plus élevé (national) aurait évité de tels excès.
L’effondrement de la demande privée (de -10 à -15%) a donc brutalement plongé les comptes publics dans le rouge sans véritable espoir d’amélioration d’autant plus que la hausse des écarts de taux longs renchérit encore le financement de la dette publique de ces pays. En clair, l’euro accentue tous les problèmes tout en empêchant leur résolution par la solution classique de la dévaluation. La seule perspective est une politique déflationniste, dont on a vu tous les risques dans les années 30 et au Japon…
Pour Martin Wolff, « la crise est inhérente au système » et nous n’allons pas tarder à en voir les conséquences. Il est grand temps de réfléchir à la solution alternative de la monnaie commune…
Bonus bancaires: la fausse manoeuvre du gouvernement
Cette affaire Renault a masqué une autre fausse manoeuvre, la future taxation des bonus bancaires. Une tartufferie connue mais insuffisamment commentée. Voici le story-telling du moment : Christine Lagarde a enfin préparé enfin sa taxe sur les bonus bancaires. Depuis 14 mois déjà, Nicolas Sarkozy a désigné les traders comme ses boucs-émissaires jugés responsables, par leur comportement irresponsable et spéculatif, des misères du monde. Le gouvernement respecte la parole présidentielle. Le voici qui agit. Story-telling, quand tu nous tiens...
En décembre dernier, le président français avait été débordé sur sa gauche par Gordon Brown, le premier ministre britannique. Ce dernier, soucieux de préparer ses propres élections législatives, avait annoncé unilatéralement sa décision de surtaxer les bonus des traders de la City. Sarkozy n'avait eut qu'à suivre. L'été dernier, le monarque élyséen avait déjà endossé les recommandations de prudence de l'autorité de régulation britannique, la FSA, qui suggérait d'étaler sur 3 ans le versement des bonus.
Cette fois-ci, la ministre des finances passe à l'acte : voici la taxe, la fameuse, celle qui corrigera les excès des rémunérations variables des traders. Christine Lagarde a présenté son projet au Conseil d'Etat cette semaine.
(Lire la suite en cliquant sur le titre du post)LE FIGARO. - Quelle forme prendra votre dispositif de taxation exceptionnelle des bonus ?
Christine LAGARDE. - Le texte prévoit de taxer à hauteur de 50 % tous les bonus, quel que soit leur mode de distribution et quel que soit le calendrier de distribution. Cela signifie que la disposition concerne aussi bien les versements, en cash comme en actions, réalisés cette année et les années suivantes dès lors qu'ils auront été décidés au titre de 2009. Enfin, cette disposition s'appliquera, comme au Royaume-Uni, aux bonus supérieurs à 27 500 euros réalisés par les opérateurs de marché payés depuis la France. Concrètement, les banques devront payer la taxe pour environ 2 500 de leurs salariés.
jeudi 30 juillet 2009
Je manipule, tu manipules, il manipule, nous sommes manipulés
Entre le 2 janvier et le 29 mai, le Figaro a publié 17 sondages d'Opinion Way. Voici lesquels. Ca se passe de commentaires. On en a fait quelques uns tout de même...
Depuis que le scandale des sondages Opinion Way-le Figaro-Publifact a éclaté, les responsables d'Opinion Way se défendent comme de beaux diables. Ils ne sont pas de droite, enfin pas tous (ce qui est exact) il travaillent avec des médias de gauche (oui mais pour beaucoup moins cher
Nous avons voulu nous mettre, un instant, à la place du lecteur du Figaro, qui reçoit chaque semaine ce Journal de l'Elysée que publie le quotidien à partir des sondages. Avouez que quand on lit ça dans la continuité, on n'a aucun doute sur le sens vers lequel inclinent ces études. Et on comprend mieux pourquoi la rédaction du Figaro demande à sa direction de renoncer aux services d'Opinion Way :
2 Janvier. l’année débute par des étrennes : «Pour les Français, Sarkozy est plus rassurant et rassembleur», titre le quotidien après les vœux de Nicolas Sarkozy. En fait, seulement 52% des Français ont jugé convaincant (encore ne s’agit-il que de ceux qui l’ont entendu). Une minorité de français le jugent rassurant (36%) et 30% le jugent rassembleur, mais le Figaro est époustouflé que les résultats soient légèrement meilleurs qu’un an plus tôt (+5% et +3%).
15 janvier. La crise frappe, parlons justice. Hélas, 59% estiment important mais pas prioritaire de réformer la procédure pénale. Et 45% (contre 34%) sont opposés à la suppression du juge d’instruction. Le titre est soft : «Réforme de la justice : les Français partagés». Heureusement, une question sauve l’honneur. 38% estiment que la suppresssion de la publicité sur France télévision après 20H est poutôt une réussite (14% plutôt un échec, 46% ni l’un ni l’autre)
22 janvier. En titre : «Les Français se prononcent contre les bonus». 89% des français approuvent qu’il ait demandé aux dirigeants des banques françaises de renoncer à leurs bonus en 2008 pour pouvoir bénéficier de l’aide de l’Etat. Dans le sondage, on apprend aussi que 53% n’ont pas confiance en Sarkozy pour faire face à la crise financière.
30 janvier. «Les Français partagés sur l'évolution du climat social» Art de la litote. 70% jugent que Nicolas Sarkozy n’apporte pas des réponses efficaces, 71% qu’il n’est pas à l’écoute des français, 69% qu’il ne prend pas en compte les difficultés des Français 64% ne Dit pas la vérité aux Français. Ouf : seulement 22% estiment que l’opposition ferait mieux.
), etc.
12 février. Heureusement, il y a… Besancenot, qui «s'installe en concurrent du Parti socialiste». Gros sujet sur la légitimité d’un parti anti-capitaliste en France. OB gagne 12 poins comme meilleur opposant. Il était urgent de changer d’atmosphère car le Figaro a admis quatre jours plus tôt, sur la base d’un sondage Opinion Way-Metro, que «la popularité de Sarkozy s'effrite dans les sondages».
20 février. C’est la cata. Le climat est pourri au lendemain d’un sommet social globalement mal perçu. 57% estiment que le gouvernement ne prend pas en compte les revendications sociales actuelles. Et pourtant ce titre : «Les Français redoutent un mouvement social long». Explication de ce tour de magie : «Six personnes interrogées sur dix parient sur un conflit de grande ampleur. Seuls 36 % le souhaitent.» Et puis ce cadeau : 85% approuvent la mise en place de "bons d'achat" de services à la personne de 200 euros par foyer,
27 février. Zut, les Français ont une meilleure opinion de Bayrou et de Aubry que de Sarkozy. «Malgré une image dégradée, le président conserve un fort potentiel électoral grâce à son socle UMP, selon l'enquête OpinionWay-«Le Figaro »-LCI. La gauche qui a bénéficié de l’ouverture est bien ingrate. On parlera donc plutôt Guadeloupe : 51% des Français de métropole sont favorables à l'indépendance.
6 mars. Historique. Le Figaro fait claquer un mauvais titre « Les Français réservés sur la fusion des Régions». La réforme des collectivités territoriales est jugée «secondaire» par 47% des français.
14 mars. Ça marche toujours Alors que 42 % souhaitent que le gouvernement doit retire la réforme du statut des enseignants chercheurs et et 37% celle de la formation des enseignants, le Figaro a la tête dans les îles. « Les Français prennent leurs distances avec l'outre-mer». Pour 68%, le conflit en Guadeloupe devrait s’arrêter après les concessions du gouvernement .
20 mars. «Les Français parient sur une radicalisation des conflits». Cela sonne comme un jeu alors que les français ne rient pas. 49% (contre 51%) souhaitent que les mouvements sociaux actuels se transforment en un mouvement de grand ampleur et une grève comparable à celle de 1995.
27 mars. «Dans la crise, Sarkozy garde la confiance de son camp», titre le Figaro. C’est mieux que si c’était pire. 53% ne font pas confiance ou pas à Nicolas Sarkozy pour faire face à la crise actuelle ? 62% ne penent pas qu’il apporte des réponses efficaces mais, ouf, 79% jugent qu’il fait preuve de détermination et 69% qu’il fait preuve de sang froid. Et seulement 20% pensent que la gauche ferait mieux que le gouvernement. Le lendemain, «85 % des Français veulent plafonner la rémunération des chefs d'entreprises qui ont bénéficié d'aides de l'État. Enfin des français «massifs et unanimes».
9 avril. Assez parlé de la majorité, des séquestrations, du chômage ! «Sondage : après Dakar,le rebond de Ségolène Royal». Le palmarès du meilleur opposant est une machine à diviser l’adversaire.
23 avril. L’élection européenne approche. Après l’annonce par le chef de l’Etat d’une nouvelle loi contre les bandes, le Figaro proclame que «Sarkozy est jugé le plus crédible contre la délinquance». Tout est relatif : 39% lui fond plus confiance pour lutter contre la délinquance, 15% s’en remettent à l’opposition menée par le PS, 10% au FN, 6% à François Bayrou. Mais 36% ne font confiance à aucun de ceux là ! Est-ce réjouissant ? En sus, une question tordue oriente le débat : est-ce que le climat économique et social actuel va conduire à une augmentation de la délinquance ? 69% des Français répondent oui.
28 mai. Petite leçon de politique, dans un article sur l’éducation nationale. «Xavier Darcos, pour contrer les réserves syndicales, a par ailleurs présenté les résultats d'une enquête OpinionWay, réalisée à sa demande auprès de 1 047 personnes, qui montre que 64 % d'entre elles sont favorables à la fouille d'élèves suspects et 81 % à l'installation de portiques de sécurité.»
29 mai. Joli coup : «Merkel et Sarkozy, leaders préférés en Europe». Admirons la manip : pour ce sondage, Merkel, Berlusconi, Zapaterro et Brown ont été testé dans leur pays, mais l’opinion publique française n’est pas consultée sur Sarkozy. C’est plus prudent car, comme le glisse le Figaro, «au passage, on notera que seuls deux chefs de gouvernement sont populaires dans leur pays - Merkel et Berlusconi». Bonne élection, monsieur le Président !
Source : Marianne2
mercredi 10 juin 2009
Stratégie de manipulations de masse
|1| La stratégie de la diversion
Elément primordial du contrôle social, la stratégie de la diversion consiste à détourner l’attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d’informations insignifiantes. La stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s’intéresser aux connaissances essentielles, dans les domaines de la science, de l’économie, de la psychologie, de la neurobiologie, et de la cybernétique. "Garder l’attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importance réelle. Garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser ; de retour à la ferme avec les autres animaux." (extrait de "Armes silencieuses pour guerres tranquilles")
|2| Créer des problèmes, puis offrir des solutions
Cette méthode est aussi appelée "problème-réaction-solution". On crée d’abord un problème, une "situation" prévue pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu’on souhaite lui faire accepter. Par exemple : laisser se développer la violence urbaine, ou organiser des attentats sanglants, afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de la liberté. Ou encore : créer une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démantèlement des services publics.
|3| La stratégie du dégradé
Pour faire accepter une mesure inacceptable, il suffit de l’appliquer progressivement, en "dégradé", sur une durée de 10 ans. C’est de cette façon que des conditions socio-économiques radicalement nouvelles ont été imposées durant les années 1980 à 1990. Chômage massif, précarité, flexibilité, délocalisations, salaires n’assurant plus un revenu décent, autant de changements qui auraient provoqué une révolution si ils avaient été appliqués brutalement.
|4| La stratégie du différé
Une autre façon de faire accepter une décision impopulaire est de la présenter comme "douloureuse mais nécessaire", en obtenant l’accord du public dans le présent pour une application dans le futur. Il est toujours plus facile d’accepter un sacrifice futur qu’un sacrifice immédiat. D’abord parce que l’effort n’est pas à fournir tout de suite. Ensuite parce que le public a toujours tendance à espérer naïvement que "tout ira mieux demain" et que le sacrifice demandé pourra être évité. Enfin, cela laisse du temps au public pour s’habituer à l’idée du changement et l’accepter avec résignation lorsque le moment sera venu. Exemple récent : le passage à l’Euro et la perte de la souveraineté monétaire et économique ont été acceptés par les pays Européens en 1994-95 pour une application en 2001. Autre exemple : les accords multilatéraux du FTAA que les USA ont imposé en 2001 aux pays du continent américain pourtant réticents, en concédant une application différée à 2005.
|5| S’adresser au public comme à des enfants en bas-age
La plupart des publicités destinées au grand-public utilisent un discours, des arguments, des personnages, et un ton particulièrement infantilisants, souvent proche du débilitant, comme si le spectateur était un enfant en bas-age ou un handicapé mental. Exemple typique : la campagne TV française pour le passage à l’Euro ("les jours euro"). Plus on cherchera à tromper le spectateur, plus on adoptera un ton infantilisant. Pourquoi ? "Si on s’adresse à une personne comme si elle était âgée de 12 ans, alors, en raison de la suggestibilité, elle aura, avec une certaine probabilité, une réponse ou une réaction aussi dénuée de sens critique que celles d’une personne de 12 ans." (cf. "Armes silencieuses pour guerres tranquilles")
|6| Faire appel à l’émotionnel plutôt qu’à la réflexion
Faire appel à l’émotionnel est une technique classique pour court-circuiter l’analyse rationnelle, et donc le sens critique des individus. De plus, l’utilisation du registre émotionnel permet d’ouvrir la porte d’accès à l’inconscient pour y implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des comportements...
|7| Maintenir le public dans l’ignorance et la bêtise
Faire en sorte que le public soit incapable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et son esclavage. "La qualité de l’éducation donnée aux classes inférieures doit être de la plus pauvre sorte, de telle sorte que le fossé de l’ignorance qui isole les classes inférieures des classes supérieures soit et demeure incompréhensible par les classes inférieures." (cf. "Armes silencieuses pour guerres tranquilles")
|8| Encourager le public à se complaire dans la médiocrité
Encourager le public à trouver "cool" le fait d’être bête, vulgaire, et inculte...
|9| Remplacer la révolte par la culpabilité
Faire croire à l’individu qu’il est seul responsable de son malheur, à cause de l’insuffisance de son intelligence, de ses capacités, ou de ses efforts. Ainsi, au lieu de se révolter contre le système économique, l’individu s’auto-dévalue et culpabilise, ce qui engendre un état dépressif dont l’un des effets est l’inhibition de l’action. Et sans action, pas de révolution !...
|10| Connaître les individus mieux qu’ils ne se connaissent eux-mêmes
Au cours des 50 dernières années, les progrès fulgurants de la science ont creusé un fossé croissant entre les connaissances du public et celles détenues et utilisées par les élites dirigeantes. Grâce à la biologie, la neurobiologie, et la psychologie appliquée, le "système" est parvenu à une connaissance avancée de l’être humain, à la fois physiquement et psychologiquement. Le système en est arrivé à mieux connaître l’individu moyen que celui-ci ne se connaît lui-même. Cela signifie que dans la majorité des cas, le système détient un plus grand contrôle et un plus grand pouvoir sur les individus que les individus eux-mêmes.
jeudi 4 juin 2009
20% des gènes humains brevetés ! La nature en procès...
Sans gêne. Aujourd'hui, 20% des gènes humains sont brevetés, aux Etats-Unis, en Australie et en Europe, notamment. Situation ubuesque d'une société qui s'étouffe elle-même en brevetant le vivant, tout en se l'interdisant... Une plainte a été déposée par des centaines d'associations américaines regroupant plus de 150 000 personnes.
Depuis les années 80, des entreprises demandent - et obtiennent - régulièrement des brevets sur des gènes humains. C'est le cas aux Etats-Unis et en Australie, entre autres. Pourtant, la loi y interdit très clairement tout de breveter toute chose naturelle, alors comment est-ce possible ? Simple... Prenez un antibiotique naturellement sécrété par un champignon, par exemple. Synthétisez-le en laboratoire et brevetez sa forme purifiée, impossible à trouver dans la nature. Le tour est joué et le brevet vous tend les bras.
Des brevets qui tuent
Concernant les gènes, la manip' n'est guère plus subtile : isolez un gène commun, non brevetable en l'état. Qu'à cela ne tienne, faites le très légèrement muter en laboratoire. Ensuite, complétez cette "invention" d'un test de détection spécifique... qui pourra aussi être utilisé sur le gène original. Dès lors, les brevets portant sur le gène synthétique et sur les méthodes de diagnostic engloberont le gène humain "naturel".
Aujourd'hui, le très officiel National Institute of Health estime que 20% des gènes humains sont ainsi brevetés ! Et des enfants en danger de mort se retrouvent privés de traitement, comme c'est arrivé récemment en Australie... Pour Lee Silver, professeur de biologie moléculaire à l'Université de Princeton, interviewé par CNN, la seule solution serait de décréter le caractère "sacré" du génome humain. Mais cela n'y suffirait pas, l'homme partageant à peu près 25% de son capital génétique avec les chimpanzés, le problème ne serait finalement que repoussé, indéfiniment. Totalement insoluble.
Une plainte déposée pour anticonstitutionnalité
L'American Civil Liberties Union (ACLU), la Fondation des Brevets Publics et des centaines d'associations américaines représentant plus de 150 000 personnes, ont pourtant décidé de porter l'affaire en Justice. Estimant que les brevets accordés sur un gène (BRCA) impliqué dans les cancers du sein et des ovaires sont illégaux, qu'ils entravent la recherche scientifique et limitent les possibilités de traitement pour les malades, ces organisations en appellent à la Constitution. Une première. Le 12 mai, une plainte a été déposée à la Cour de New-York contre les détenteurs des brevets, l'entreprise Myriad Genetics et l'Université de Utah Research Foundation, ainsi que contre l'organisme public charger d'attribuer les breloques.
Aujourd'hui, Myriad Genetics détient le monopole sur le test de diagnostic d'un cancer, facturé 3000$ par tête de gène. Il y a fort à parier qu'en situation de concurrence, ce prix serait réduit de moitié, au minimum. Les problèmes engendrés par cette situation sont multiples : coût exorbitant pour des examens rarement remboursés, impossiblité d'obtenir plusieurs avis sur les résultats des tests et lorsque ces derniers ne sont pas concluants, aucune autre solution n'est possible.
Un HADOPI pour les gènes
Et en Europe ? En 2004, après deux ans et demi de bataille juridique menée par l'Institut Curie et l'APHP, l'Office européen des brevets (OEB) avait retoqué le brevet magique de Myriad Genetics sur le BRCA... pour finalement le rétablir en novembre 2008. Définitivement, puisque l'OEB a souligné dans son jugement que le "brevet ne peut plus être contesté au niveau européen". Myriad Genetics et l'Université de l'Utah peuvent donc maintenant attaquer pour contrefaçon les laboratoires pratiquant des tests sans s'acquitter des droits liés aux licences d'exploitation exclusives.
Myriad Genetics a annoncé, début mai, avoir battu son record de bénéfices. C'est bien ça, l'important...
(Article publié sur le site "Les mots ont un sens")
Faire ce que l'on veut ou bien vouloir ce que l'on fait



