jeudi 29 avril 2010

Le quotidien en PME : Episode 2 - Mon nouveau job

     Alors voila, j'arrive dans mon nouveau job. 25 ans, plein d'envies, apprendre, progresser, croire dans le french way of life qui te dit que si tu bosses ben toi aussi tu peux grimper sur l'échelle sociale (bon quand je dis cela j'y croyais déjà qu'à moitié), fin de la petite parenthèse.
     Je découvre ma nouvelle fonction à laquelle il faut trouver un nom, parce que c'est tellement peu clair, alors on opte pour responsable produits. De l'avis de tous ça ne veut rien dire pour une entreprise comme The PME, mais résumons, je suis là pour :
  • m'occuper des approvisionnements, donc acheteur,
  • gérer les stocks matières premières, donc gestionnaire de stocks,
  • développer les nouveaux produits,
  • servir d'interface entre ateliers / administration / commercial,
  • développer le site Internet,
  • mettre en place les nouvelles normes,
  • éventuellement servir d'assistant de direction,
  • . . . .
     Bon, ça fait d'emblée un planning bien chargé, mais au début on s'en rend pas trop compte on est plein de courage et on a envie de faire ses preuves. . .

Le quotidien en PME : Episode 1 - Arrivée dans The PME

     Etudiant dans une formation professionnelle en alternance après X années inutiles en faculté, je fais différents stages en entreprise dont le dernier dans The PME. 
      Elle est florissante car sur un secteur d'activité peu concurrentiel et ça rapporte un max (vraiment un max). Créée de toute pièce par 2 personnes, une, nous l'appellerons Roger, déjà introduite dans ce secteur d'activité  et qui avait senti toute la demande non satisfaite, et l'autre cherchant sa voie mais avec un petit pactole à investir au démarrage (famille oblige), nous l'appellerons JeanJean. Bien sur structuration de The PME comme toute les autres, SCI, montage familial . . . bref rien d'extraordinaire.
      Au bout d'un certain temps JeanJean ne supporte plus son associé Roger, évidemment comment tolérer ne pas être roi en son royaume, alors rachat des parts et chacun fait sa route tout en collaborant mais franchement de quoi être fier du travail accompli ensemble, l'un devant à l'autre une partie de sa réussite et vice versa.
      D'ailleurs je crois que c'est ça la réussite : trouver un créneau qui rapporte au moment où il faut, avec les bons associés qui vous fournissent le carnet d'adresse ou le réseau, mais bon après il faut être capable de faire durer le plaisir.
      Voilà j'arrive à ce moment là, petit stagiaire à qui on demande de mettre en place un système de gestion commerciale et production. Mission réussie, content de mon stage chez The PME, au revoir tout le monde,  je pars pour mon futur travail dans une autre région (cool hein, j'ai pas connu le chômage). Du délire, des heures à n'en plus finir et je vois vite que ça ne peut pas durer, ça pue la magouille de partout, c'est pas très sain tout ça. Alors je commence à chercher un autre emploi et là appel de The PME qui me demande de venir donner un coup de main au développement de la boite. Nickel pour moi, entreprise saine, secteur d'activité en plein boum, me voilà un bel avenir qui s'ouvre devant moi, JeanJean me demande d'être son second. . . .

Planter des clous

Un passage du tome IV du "Combat Ordinaire" de Manu Larcenet :
"On ne peut pas être déçu quand on s'attend à rien. 82% des électeurs se découvrent des opinions et tout le monde trouve cela extraordinaire. Moi je trouve cela inquiétant. 35 ans de militantisme m'ont laminés les idées, c'est pas un beau paradoxe ça ? Le militant par définition ne peut se remettre en question, ni avoir tort et ça c'est le plus haut degré de la malhonnêteté intellectuelle. 
C'est ça avoir des opinions, ça permet de faire le tri du monde à peu des frais. Alors soudain le monde se sent pousser des opinions, c'est qu'on se sent concerné quand on a des opinions, on se donne l'illusion de la lutte parce que c'est à la mode, ça fait citoyen. 
Mais ce sont des luttes bon marché, qui permettent de rentrer à la maison pour le 20h. Des combats qui se résumeront à évoquer qui de Jaurès, qui de De Gaulle au diner, entre les raviolis et le caprice des dieux avant d'aller mollement glisser son bulletin dans les urnes. Je me méfie de ceux qui se découvre des élans patriotiques les soirs d'élection. C'est souvent pour se dédouaner des porter des baskets fabriquées par des enfants philippins pour aller faire du jogging au parc le dimanche matin. 
Combien d'entre nous ont suffisamment de culture pour ne serait ce que comprendre ce pour quoi ils votent ? On ne votent pas pour un système de société mais pour le reflet médiatique le plus rassurant ou pire par tradition familiale ! On peut alors s'illusionner à se croire important, c'est gratifiant mais une fois le guignol élu nous redeviendrons négligeable. Les gens ne votent pas pour que les choses changent, le changement ça fait trop peur, mais peut se le reprocher, le monde est un chaos assourdissant et sans espoir.
Par exemple les barbus, de la race millénaire des joyeux bourreaux, premiers de la classe en récitation et qui pensent sans rire et sans honte ne pas tuer des hommes en tuant des "mécréants" (valable pour les autres religions officielles ne notre époque : que dire des protestants à la Bush, des catholiques ou des juifs intégristes . . .), et dans le camp d'en face les patrons de la haute finance internationale, esclaves béats de leurs propres trésors. . . Tous des bourreaux à saigner d'entiers continents, à condamner des populations comme on mets un coup de pelle sur le crâne du vieux chien devenu inutile. En voilà des gens avec des opinions, le mondes est pourri de gens avec des opinions !
Et le plat de résistance, il y a les immigrés. Ils font peur eux aussi. Une peur inchangée depuis toujours, l'étranger. Même si ce sont les premiers à mettre la main dans le ciment, ils font peur, c'est un mystère. Et puis ils sont pauvres, avoir des voisins pauvres à côté de chez soi à portée de voix, c'est un peu comme si on devenait des leurs, sans compter que ça dévalorise l'immobilier du quartier. Alors on les met ailleurs, entre eux et quand il faut ajuster le discours électoral on les renvoie chez eux. Mais c'est qu'entre temps les générations ont passé et les mômes eux, sont salement français, ils sont chez eux.
Alors on remet doucement le couvercle sur tout ça en se disant que si ça bout trop fort, il n'y aura qu'à faire de nouvelles lois et remplir les prisons avec une sévérité nouvelles.
. . . . . . . . Alors on peut se dire qu'il reste à prendre les plaisirs là où ils sont tant qu'on le peut encore, mais on ne peut pas raisonner comme ça, ça reviendrai à accepter que le résultat prime, et ceux qui pensent cela ne se soucient pas du processus et c'est pourtant le processus qui fait les civilisations. . . . . . on peut se demander quel monde pourri on laissera à nos enfants, mais aujourd'hui ce n'est plus une vue de l'esprit mais du concret."
Faire ce que l'on veut ou bien vouloir ce que l'on fait